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Guide pétersbourgeois

Qui n’a jamais entendu parler du bain russe? Le bania ou banya est un bain russe traditionnel à vapeur chaude. Cette tradition ancestrale du bania est l’un des symboles les plus célèbres de la Russie. Aujourd’hui, les bienfaits du bain russe sont universellement reconnus, et la pratique du bania jouit d’une grande popularité parmi la population locale ainsi qu’en dehors du pays.

Qu’est-ce que c’est le bania ?

Le ou encore la bania est un bain public russe traditionnel à vapeur chaude et humide. Le bania se différencie du sauna scandinave par son poêle, construit pour chauffer l’étuve et produire une vapeur chaude. Ce poêle à inertie de masse, appelé « kamenka », est le cœur du bania russe. La température dans un bania peut s’élèver jusqu’à 100˚-120˚C, c’est la raison pour laquelle il est fortement recommandé de ne pas excéder les 5 minutes.

À l’origine le bania classique est chauffé avec du bois, pourtant aujourd’hui, certains banias publics sont chauffés avec un poêle en briques ou encore à l’aide de pierres brûlantes.

L’histoire du bania

En Russie, l’usage du bain, comme but de propreté et d’hygiène, remonte aux temps les plus anciens. Le bain russe n’était qu’un endroit pour se laver, mais aussi un lieu spécial, même sacré, réunissant les quatres éléments, c’est-à-dire, le feu, l’eau, l’air et la terre. Par le passé, les Russes, étant païens, accordaient une grande importance au bania et cherchaient à s’attirer à travers le bain la bienveillance de ces éléments sacrés.

Dans la Russie ancienne, les grands événements (comme les naissances, les mariages et d’autres) étaient associés aux banyas. On considérait le principe du bain comme la purification du corps, mais aussi celle de l’âme. Le bania représentait le meilleur moyen pour chasser le mal et les mauvais esprits, et d’une manière générale, tout ce qui était mauvais. En signe d’hospitalité, il était de coutume d’inviter ses invités au bania.

Bannik personnage de conte folklorique russe

Bon à savoir : « Le bannik est un personnage traditionnel de conte folklorique russe vivant dans le banya. Selon les croyances populaires, il est de coutume de lui laisser une offrande après chaque visite du bain.
Le bannik est connu pour ces nombreux enfantillages comme jeter des pierres brûlantes sur ses visiteurs ou encore de les ébouillanter.

Les bains occupaient une place importante dans le quotidien des Russes. Le traité qui a été signé en 907 à Byzance permettaient aux ambassadeurs russes d’aller aux bains de vapeur de jour comme de nuit.

Le rituel des bains russes surprenait les étrangers, en particulier, la douche glacial et la friction avec des balais. Certains supposaient même que le bania était une sorte de torture pour les Slaves.

Imaginez un tel spectacle : en plein hiver, les Russes, devenus alors tout rouges à cause du bania, sortant à l’extérieur et sautant dans le propoub (la trouée dans la glace) et se frictionnant vigoureusement avec de la neige… C’était l’une des raisons pour lesquelles les étrangers considéraient les Russes comme de véritables surhommes.

Les premiers banias ont été construits en billes de bois aux Ve-VIe siècles. Ils n’accueillaient pas seulement les nobles mais aussi les paysans. L’un des premiers bains en briques a été bâti à Pereslavl en 1090.

En Russie, les bains étaient traditionnellement mis en chauffe tous les samedis, c’était ce que l’on appellait « banniï den’ », autrement le jour du bain. Dans les bains publics, les hommes et les femmes se lavaient en même temps jusqu’en 1743 lorsque la baignade mixte devient interdite.

C’est Pierre le Grand qui a favorisé la propagation du rituel des bains russes en Europe. Il a ordonné de construire des banias pour les soldats de son armée à Paris et à Amsterdam pendant ses séjours là-bas. Après la victoire sur Napoléon, la construction des bains russes s’est mise en place dans tous les pays libérés, et les Russes ont apprit l’art du bain traditionnel aux populations locales.

Le rituel du bain russe

L’élément clé du bania est l’étuve, appelée « parilka » ou « parnaïa » construite traditionnellement en bois. À l’intérieur, il y a certain nombre de bancs surélevés, où on peut s’asseoir ou s’allonger. Plus la banquette est haute, plus l’air est chaud. Après s’être bien rechauffé, on quitte la parilka pour sauter aussitôt dans la piscine, ou mieux encore, plonger dans un bac d’eau glacée. On peut également se verser de l’eau froide sur soi-même à l’aide d’un baquet (en russe « ouchat »). En hiver, dans le bain de campagne, l’idéal est de plonger dans de l’eau froide dehors ou de se rouler dans la neige.

La rituel veut que l’on se fouette avec des veniks, ou des balais de bain spéciaux. Il s’agit traditionnellement des branches séchées (ou fraîches) de bouleau ou de chêne que l’on plonge dans de l’eau froide pour ensuite se frotter vivement tout le corps. Pour ce rituel, en particulier, dans les grands bains, il y a le personnel spécialisé, - les baigneurs, autrement les bantschiks. Habituellement entre amis, , on se fouette mutuellement avec des veniks. La plupart du temps, on répète l’opération deux ou trois fois avant de prendre un thé ou une tisane dans la salle de repos. Les séances de fouettement permettent de nettoyer la peau en profondeur, d’activer la sudation ainsi qu’améliorer la circulation sanguine.

Bon à savoir : « La flagellation au « beriozoviï venik », ou balai de bouleau, soulage les douleurs musculaires et articulaires, surtout après des efforts physiques. Le venik de bouleau est efficace contre les éruptions cutanées et aide la cicatrisation des plaies et des irritations. Le massage avec beriozoviï venik permet de purifier et apaiser la peau.

Accessoires pour le bain russe

Bon à savoir : « L’écorce et les feuilles de chêne sont connues pour ses propriétés astringentes qu’elles doivent surtout grâce à sa forte concentration en tanins.
Le balai de chêne (en russe « duboviï venik ») est recommandé aux personnes à peau grasse ayant des propriétés de sèchage et de matage à peaux mixtes à tendances sèches. Il est également recommandé pour normaliser la tension artérielle, équilibrer le système nerveux et soulager le stress constant.

Le bania noir ou le bania blanc

On distingue traditionnellement deux sortes de bains russes : le bania noir (« bania po-tchïornomu ») et le bania blanc (« bania po-belomu »). Apparu au XVIe siècle, le bania noir est la plus ancienne coutume russe de bains à vapeur chaude. Cela consiste à faire monter la température jusqu’à 60˚C. La fumée qui se dégage du poêle reste dans un premier temps à l’intérieur du bain, exterminant tous les microbes qui peuvent s’y trouver, avant d’étre rejetée à l’extérieur. La fumée expulsée a tendance à noircir les murs, d’où vient le nom de bania noir. Cette ancienne pratique est très rarement utilisée de nos jours, car la technique est assez complexe et nécessite entre trois et six heures de préparation. Bien qu’il s’agit d’une exécution technique assez primitive, le bania noir est considéré comme le meilleur par les experts du bania.

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Le bania blanc, au contraire, rejette la fumée à l’extérieur du bain; c’est la technique la plus populaire et la plus répendue de nos jours.

Bon à savoir : « Les bains Sandounovskie, ou Sandouny, sont les plus préstigieux bains de la capitale russe. La fondation de ces fameux banyas est liée avec les noms de deux acteurs du théâtre de la cour impériale de Catherine II, Sila Sandounov et sa femme, Ellizaveta Ouranova. Après qu’ils se soient mariés, l’impératrice leur a fait cadeau des diamands grâce auquels Sila Sandunov a acheté un terrain pour y bâtir les bains publiques, achevés vers 1808.
Appelé « bain-musée », les Sandouny sont réputés pour son intérieure richement décoré de matériaux importés d’Europe (marbre italien, carrelage, mosaïques importés d’Allemagne et de Suisse, etc).

Bania noir

Un lieu de contact social

De nos jours, le bania continue de jouer un rôle important dans la société russe. Par le passé, on n’y allait pas que pour se laver, c’était avant tout un lieu de rencontre, d’échange et de communication.

Aujourd’hui, les Russes vont traditionnellement au bania les weekends, en famille, entre amis ou collègues, car l’atmosphère du bain russe est censé rapprocher les gens. Entre les passages dans la parilka, il est d’usage de se reposer dans une pièce adjacente, appelée « predbannik », avec une grande table et des bancs. On s’y détend et prend une pause en companie d’amis en buvant de la tisane, de la bière ou encore des boissons plus fortes accompagnées de zakouskis, d’anekdotes (blagues) et de discussions animées.

Le vocabulaire du banya russe

  • « баня » - banïa (le bain russe traditinnel)
  • « вода » - voda (l’eau)
  • « пар » - par (la vapeur)
  • « парная, парилка » - parnaïa ou parilka (l’étuve dans le bania)
  • « предбанник » - predbannik (la pièce adjacente au bania ou salle d’entrée)
  • « скамейка » - skameïka (banc)
  • « банщик » - bantschik (le baigneur)
  • « ушат » - ouchat (le baquet de bain)
  • « ковш » - kovch (le puisoir qui sert à recupérer de l’eau du baquet)
  • « веник » - venik (le balai de bain spécial représentant un bouquet de branches séchées ou frais)
  • « берёзовый веник » - beriozoviï venik (le balai de bouleau)
  • « дубовый веник » - duboviï venik (le balai de chêne)
  • « полотенце » - polotentse (la serviette)
  • « колпак, банная шапка » - kolpak, bannaïa chapka (bonnet de bain fait habituellement en feutre)
  • « рукавицы, варежки для бани » - rukavitsi, varejki dlïa bani (les gants de bain spéciaux)
  • « мочалка » - motchalka (l’éponge de bain)

Bon à savoir : « Les Russes ont beaucoup de proverbes et dictions sur le banya. Par exemple, « Pristal kak banniï list » ce qui veut dire « Collant comme une feuille de banya ». L’expression la plus populaire est « S liogkim parom », ou « Bonne vapeur », que l’on dit traditionnellement à ceux qui sortent du bania.

Où prendre un bain russe à Saint-Pétersbourg ?

Chers lecteurs, nous vous invitons à tester le fameux bania russe à Saint-Pétersbourg et découvrir cette ancienne tradition lors d’une visite unique:



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